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Coteau Flexanville 

2017

                  
                      
ATENA 78 a entrepris à SEPTEUIL en vallée de la Flexanville (affluent de la Vaucouleurs), un chantier de restauration d'un coteau calcicole, en partenariat avec le CHEP (établissement de formation aux métiers de la nature).
Les pelouses sèches calcicoles sont des milieux à la fois originaux, abritant une flore et une faune particulières, et des milieux riches en espèces… mais elles deviennent rares, par abandon des usages agricoles puis évolution naturelle vers le stade forestier.
Nous avons donc considéré qu'il était dans les orientations de notre association d'œuvrer à leur entretien et leur conservation, en arrière Pays mantois et Pays houdanais.
Les composantes de la trame verte et bleue Ile-de-France

SRCE - Schéma Régional de Cohérence Écologique

Diagnostic du territoire et enjeux de continuités écologiques
pour la circulation des espèces (extraits)

«La Vaucouleurs, affluent rive gauche de la Seine.

La vallée, orientée sud-nord, entaille le plateau permettant au calcaire d'affleurer largement sur les coteaux…mais ceux-ci tendent à se fermer du fait de la recolonisation par les ligneux. Enjeux : la fermeture des pelouses calcaires bénéficiaient jadis d'un pâturage ovin et caprin extensif. L'abandon de la gestion s'est traduit par un reboisement naturel et parfois des plantations entraînant de nombreuses ruptures des continuums herbacés calcicoles ».


Par Roland Trousseau

Dans le cadre du maintien, et si possible, de l'augmentation de la biodiversité dans le périmètre de sa zone d'intervention, ATENA78 agit pour la conservation de la flore des coteaux calcaires.
Ces espaces généralement pauvres, du fait de la faible profondeur du sol et de leur plus grande sensibilité à la sécheresse, permettent la présence d'une flore originale (présence d'orchidées par exemple, espèces emblématiques, ou d'espèces méridionales relictuelles), et d'une faune associée (papillons, mante religieuse…), en particulier lorsqu'ils sont à l'état de végétation rase de type pelouse.
L'intérêt de ce type de milieu réside notamment dans le fait qu'il est devenu assez rare dans la région !
Il est donc souhaitable de conserver ces espaces et de maintenir entre eux une continuité écologique. On peut remarquer que le site retenu pour cette opération sur la commune de Septeuil, se situe sur la trame verte du Schéma Régional de Cohérence Ecologique d'Ile de France, et plus spécifiquement dans le corridor des
milieux calcaires.

Nous sommes donc au cœur du sujet.


       


                     
Notre patrimoine naturel est en perpétuelle évolution depuis la nuit des temps.
Nos terroirs ne sont pas que des paysages, ils abritent aussi une flore et une faune variées directement induites par de nombreux facteurs dont la géologie, la météorologie/climatologie, l'évolution des pratiques agricoles, la pression urbaine (anthropisation-artificialisation des sols)…
Le Mantois correspond à une vaste zone géographique, qui s'étend de la vallée de la Vaucouleurs à l'ouest, jusqu'à la vallée de la Mauldre à l'est. Il est délimité au sud par le massif de Rambouillet et au nord par les coteaux de la Seine.


La prairie du coteau de la Fléxanville, objet de notre attention, se situe au  Sud de la commune de Septeuil.
La parcelle n°340 est longée par :

· la D42 à l'ouest,
· la parcelle 346 au nord,
· le coteau continue en stade de pré-boisement avancé au sud,
· un boisement à l'est.

Ce terrain ne semble pas avoir été cultivé ou labouré au moins depuis 1945, comme en témoignent les photos aériennes sur le site Geoportail-remonter le temps).
Il semble donc qu'il ait eu par le passé vocation de pâturage (voir article ci-dessous qui documente l'histoire de la parcelle).
Le projet de restauration se déroule avec l'aimable  autorisation du propriétaire.
La vallée de la Vaucouleurs présente un intérêt particulier,
souligné dans la
Synthèse floristique du département des Yvelines (extraits choisis) :
« La vallée de la Vaucouleurs… doit faire l'objet d'une attention particulière. D'un point de vue
floristique la vallée de la Vaucouleurs abrite de nombreuses espèces à caractère calcicole.
Cette vallée a su conserver un caractère rural où les milieux naturels sont encore assez bien
représentés. La préservation et le renforcement de corridors fonctionnels, permettent de relier de
manière cohérente les divers réservoirs de biodiversité départementaux...
C'est une connexion écologique prioritaire entre la Vallée de Seine et la Vallée de l'Eure ».

La vallée de la Vaucouleurs entaille profondément le plateau du mantois, et les boisements dominent fortement les coteaux adjacents. Au fil du continuum forestier, les espaces ouverts sont le résultat d'un travail de déboisement opéré de main d‘homme.
Il y a donc lieu de s'interroger sur l'origine et les usages passés de ces milieux encore « ouverts », comme la parcelle 340 qui nous occupe le long de la Flexanville.
Ce coteau évolue naturellement vers la friche arbustive, gagnée par une végétation spontanée riche en aubépines, prunelliers (« épines noires »), noisetiers, sureaux, viorne, érables champêtres etc… Mais la présence de cette « pelouse en friche » ne doit rien au hasard : elle est la trace patrimoniale dans le paysage, de pratiques anciennes abandonnées.
La comparaison des photos aériennes est riche d'enseignement : dans la période d'après guerre la parcelle 340 (et sa voisine 346) sont libres de végétation arbustive et laissent apparaître des prairies à vocation fourragère ou de pâturage.
L'usage agricole de la parcelle est patent en 1947.
La situation aujourd'hui présente
un envahissement prononcé par les ligneux.

Il peut être intéressant de remonter plus avant dans le temps.


La parcelle cadastrale ZH 340 est située au lieu-dit « Les Groux », en rapport avec le nom du petit hameau situé sur le coteau juste en face, sur la rive gauche de la Flexanville.



« Les Groux » ont été habités depuis longtemps. Des fouilles archéologiques sommaires dans les années 1950, par le club archéologique de Mantes, ont montré la présence d'habitat gallo-romain le long de la Flexanville.
La présence de fours (ayant peut-être servi à la fabrication de chaux ) est attestée. Ce ne serait guère étonnant, un ancien four à chaux étant toujours présent au centre du village de Septeuil.
La présence d'excavations dans le bois Lecoq surmontant la parcelle pourrait s'expliquer par l'extraction du calcaire.
Plus près de nous, au IXème siècle, Septeuil appartenait à l'Abbaye de Saint Germain et la culture de la vigne sur les coteaux de la Flexanville y était bien développée (comme dans toute la région).
Outre l'exposition favorablement ensoleillée, le terrain argilo-calcaire que la vigne apprécie a certainement favorisé ces (im)plantations.
Un plan cadastral de Septeuil, reprenant notre coteau dans les années 1960, montre que le lieu-dit situé juste au-dessus de la parcelle 340, portait alors le nom « Les Buvettes » laissant penser, qu'effectivement, ce coteau figurait bien parmi l'ancien domaine viticole de Septeuil.

Rajoutons qu'à la fin du 19ème, le phylloxéra, minuscule puceron arrivé des Etats Unis donna le coup de grâce au vignoble francilien dont les pieds sont massivement arrachés.

             

Dans son ouvrage datant de 1995 « Septeuil (…) la vie économique du pays au XIXème siècle », Monsieur Raoul Moulin, « Chevalier des Arts et des Lettres », historien de Septeuil, décrit le fort développement de la vigne à Septeuil et son déclin à partir de la fin du 19ème siècle.

Quelques extraits :
« Sur la Commune de Septeuil, d'une superficie de 960 hectares vers 1800, il y avait encore plus de 800 arpents de vigne. En tenant compte que l'arpent de cette époque était de 42 ares 26 centiares, plus du tiers du territoire était encore en vigne.
Dans un acte notarié de 1660 (Archives Départementales), on trouve cité le lieudit « Le Vignou (vignoble) de Septeuil ».
L'influence climatique (les gelées) a fait disparaître de nos coteaux les importants vignobles et le peu de vignes qui reste a de la peine à donner un bon rendement à cause du mildiou et de l'oïdium qui exercent leurs ravages.
(Autre cause du déclin) (…) le développement des vins de Bourgogne qui étaient d'une qualité supérieure, avec la facilité des nouveaux moyens de transport, c'est-à-dire les chemins de fer qui permirent de vendre souvent à des prix relativement moins élevés».


                 
Enfin, les témoignages des habitants des Groux décrivent un coteau quasi à l'abandon depuis les années 1950.

Certains parlent cependant de pâturage par les moutons de manière épisodique, d'autres évoquent des pratiques occasionnelles d'écobuage ; d'autres encore ont vu des chevaux sur la parcelle voisine n°386. Cette dernière est actuellement nettement plus envahie par la végétation arbustive, la parcelle 340 ayant été fauchée il y a une quinzaine d'années par son actuel propriétaire, (cette opération ayant, par ailleurs, entraîné la disparition des anciennes clôtures qui devaient empêcher le bétail d'aller sur la route).
     
              
           
L'état initial à pour objet d'identifier d'éventuelles espèces protégées ou rares avant toute intervention. Il sert ensuite à orienter le plan de travail du chantier de restauration.

Les membres d'Atena78 ont effectué plusieurs passages, dont un avec les élèves du CHEP et un autre avec Serge Gadoum (naturaliste - hyménoptériste), afin d'inventorier les espèces présentes.

                  

                

             
Mammifères
Sanglier/ Sus scrofa (coulées, laissées)
Renard (fécès)
Lièvre variable (observation visuelle directe)
Blaireau d'Europe (présence de "toilettes" ou de "pôt"
Chevreuil (témoignage propriétaire)

Insectes, papillons
Gomphocère roux / Gomphocerippus rufus. (Abondant et partout)
Criquet verte-échine/ Chorthippus dorsatus
Mante religieuse /Mantis religiosa PR (3F sur la parcelle 340 ,2F sur la parcelle
346)
Phanéroptère commun / Phaneroptera falcata (1 sur la parcelle 346)
Noctuelle de la patience/ acronicta rumicis (chenille berme routière)
Petite Violette/ Boloria dia PR
Grillon des bois /Nemobius sylvestris
Epeire fasciée/ Argiope bruennichi
Reptiles :
Couleuvre à collier /Natrix natrix (parcelle 346 en
lisière du boisement, en thermorégulation) PR
Coronelle lisse (individu photographié) PR

Autres : escargot de Bourgogne /Hélix pomatia

Remarques :

Cet état initial ne peut être considéré comme exhaustif, car il n'a pas été réalisé sur une année entière.
Cependant il traduit la pauvreté floristique de la parcelle étant donné l'envahissement important par le Brachypode penné et des ligneux. On peut qualifier la parcelle de « stade intermédiaire entre prairie mésophile et ourlet calcicole mésophile ».

Quelques espèces patrimoniales sortent cependant du lot (très rares à rares ou protégées, selon la
classification UICN)
Libanotis des montagnes /Libanotis pyrenaica RRR (très très rare) et Orobanche sanglante/
Orobanche gracilis RR (très rare), elles sont toutes 2 déterminantes de ZNIEFF.

A noter (autre que flore)
Couleuvre à collier /Natrix natrix (commune) et Coronelle lisse(assez rare), 2 reptiles protégés.  Petite Violette/ Boloria dia (papillon) et Mante religieuse /Mantis religiosa toutes 2 protégées.
Des inventaires contradictoires seront réalisés l'année prochaine, sans nul doute, permettront-ils de valider le bien fondé de l'intervention de restauration.

Bibliographie :
Atlas des paysages des Yvelines- la vallée de la Vaucouleurs
Synthèse floristique du département des Yvelines_2010_CBNBP_Jérome Wegnez


Merci à Marie Abad, Charles Bertrand, Corinne Dumont, Roger Gautier, Guylène Guerlais, Béatrice Le Moën, Isabelle Lhermitte, Jacques Liben, Dominique Robert, Tristan Sourget, Roland Trousseau, Jean-Luc et Sylvie Vandevelde pour leur participation aux inventaires
 
   

Le mardi 6 juin 2017, les lycéens de la classe de seconde, bac pro GMNF (Gestion des Milieux Naturels et de la Faune), sont venus pour la première fois sur le coteau de la Flexanville à Septeuil, pour y découvrir les Orchidées sauvages.
L'intérêt pour eux : participer à un inventaire botanique d'espèces emblématiques des coteaux calcaires, acquérir des connaissances sur le terrain et prendre la mesure des enjeux du prochain chantier de restauration auquel ils vont participer au mois de novembre.
Les lycéens ont pu s'approprier les critères de base permettant d'identifier une orchidée dans la nature. 
   
L'Orchidée est une plante sauvage :
  • qui possède une tige unique,
  • qui porte des feuilles sans pétiole à nervures parallèles,
  • et des fleurs qui présentent toujours la même organisation : une corolle formée de 3 pétales, dont une très particulière, le labelle et de 3 sépales.
Le labelle peut revêtir de multiples et magnifiques costumes, il caractérise chaque orchidée et joue un rôle essentiel pour attirer les pollinisateurs.
Les lycéens herborisent avec précaution, au milieu d'une station de plusieurs centaines d'Orchis pyramidal, dont on a remarqué qu'elle était particulièrement abondante cette année.
Sur le même site, c'était l'Orchis pourpre qui était « explosive » en 2015, avec 400 à 500 spécimens.
En effet, d'une année sur l'autre, la même espèce est en abondance très variable : tous les tubercules présents dans le sol ne s'expriment pas et bon nombre restent en dormance.
Plusieurs espèces d'Orchidées ont des noms rappelant l'insecte qu'elles cherchent à attirer : le mâle de la famille concernée se fait leurrer par la forme du labelle à l'apparence de femelle, il reçoit alors à son insu des pollens sur son dos qu'il transporte ensuite jusqu'à la fleur suivante ! Favorisant ainsi sa pollinisation
 
Bilan botanique : 9 espèces d'Orchidées sauvages observées.
En plus des 4 espèces illustrées : Listère à feuilles ovales Listera ovata, Néottie nid-d'oiseau Neottia nidus-avis, Ophrys abeille Ophrys apiferaCéphalanthère pâle Cephalanthera damasonium, Orchis bouc Himantoglossum hircinum

           
 
Bilan pédagogique : comprendre l'intérêt du chantier du mois de novembre.
La majorité des espèces se trouve au sommet du coteau sur pelouse rase, en milieu ouvert et dégagé ! Sur la partie coteau envahie par la graminée dominante Brachypode sp., seule l'Orchis pourpre est présente : le travail de débroussaillage (coupe des épines noires) et d'étrépage (retrait du brachypode) doit permettre d'augmenter la diversité des espèces.

         

               
La parcelle qui fait l'objet de notre projet de réhabilitation fut une vigne jusqu'à la fin du 19ème siècle, puis une prairie, et depuis la fin du 20ème siècle évolue progressivement vers la friche arbustive, et à terme risque de se transformer en zone boisée, comme la zone située juste au-dessus d'elle. La prairie est en effet colonisée par des arbustes (prunelier, aubépine, églantier, viorne lantane,…), voire des arbres (chêne,…).
Cet état n'est cependant pas inintéressant, en particulier pour certaines espèces d'oiseaux qui vont y trouver abri et nourriture (fauvettes, accenteur,…).
L'objectif de notre intervention n'est donc pas de transformer la totalité de cet espace en prairie ou en pelouse calcaire, mais d'y conserver une diversité de milieux incluant de la végétation plus ou moins rase, des zones arbustives, et quelques arbres, afin que beaucoup d'espèces puissent y trouver leur compte.
Ainsi notre action aura un double objectif : Réduire la proportion de la zone arbustive sans la supprimer complètement (le maintien d'une zone de fourrés peut être favorable, ainsi qu'un espace de buissons clairsemés), et éliminer une partie du couvert dense de poacées afin de permettre la réinstallation d'une flore diversifiée et associée à un milieu plus pauvre.
         
Les zones encore en végétation herbacée, non colonisées par les arbustes, sont recouvertes de graminées (poacées dans la nouvelle nomenclature), en particulier ici de Brachypode penné. Cette famille de plantes, et celle-ci notamment, a la capacité de coloniser fortement le milieu, étouffant et empêchant la croissance d'autres espèces, ce qui réduit fortement la diversité floristique.
De plus, la forte densité de racines et de feuillage de cette végétation va enrichir le milieu à moyen terme, réduisant encore les possibilités de voir se maintenir sur la zone les espèces caractéristiques des milieux calcaires pauvres.
Brachypodium pinnatum, le brachypode penné, est une espèce de plantes monocotylédones de la famille des Poaceae (graminées), sous-famille des Pooideae, originaire des régions tempérées de l'hémisphère nord.
C'est une plante herbacée vivace, rhizomateuse, dont les tiges (chaumes) peuvent atteindre de 30 à 120 cm de long, poilue sur les noeuds et souvent sur les feuilles, les gaines et les épillets, à souche rampante et rameuse.
Depuis les années 1980 au moins, cette espèce se montre dans certaines circonstances (eutrophisation de pelouses calcicoles), et de plus en plus souvent, envahissante au détriment de la diversité biologique1 de milieux auparavant parfois très riches en biodiversité (coteaux calcaires, certaines prairies...).


Lors du chantier de restauration 2 carrés de 10 mx10m ont subi un étrépage, c'est-à-dire l'arrachement des mottes de brachypode et l'enlèvement de la couche de terre superficielle, afin d'appauvrir le milieu et de permettre la repousse de graines de plantes diverses enfouies dans le sol.


L'étrépage est une technique de restauration écologique des milieux qui consiste à enlever mécaniquement les horizons organiques d'un sol pour le rajeunir. Elle est notamment utilisé pour maintenir, restaurer ou créer de nouveaux écosystèmes typiques des milieux pauvres en nutriments, tels que des pelouses ou des landes.

                                
L'autre action du chantier est l'arasement d'une partie des zones de buissons, le dégagement d'un espace en laissant quelques arbres et arbustes en taches, en particulier les espèces fruitières (pommiers, poiriers, sureaux,…).
A la bordure du bois, une découpe en dents de scie permet de mixer zone boisée, zone arbustive et zone herbacée. Elle crée le maximum d'effets de bordure avec une diversité de situations ombragées ou ensoleillées et un passage progressif du bois à la zone herbacée en passant par les arbustes.
On laissera quelques « chandelles »: des troncs coupés à mi-hauteur et écorcés à la base pour ne pas repousser. Ils serviront de logement et de cantine aux insectes.
Que faire de toutes ces branches ? Comme pour l'étrépage, il est essentiel de ne pas laisser le produit de coupe sur place, mais de l'évacuer pour éviter tout apport supplémentaire de matière organique.

                                
L'accumulation des mottes et des branchages sous forme d'une haie sèche de 2 m de large permet à la fois de stocker tous les débris végétaux et minéraux issus de notre travail, et en même temps de créer un milieu protégé, complémentaire de la zone arasée, abri potentiel de nombreuses espèces animales, et future haie vive lorsque divers arbustes vont commencer à la coloniser. Les principes de la permaculture appliqués au génie écologique, en quelque sorte…  
Il restera à suivre l'évolution de ce milieu, et certainement à y revenir l'année prochaine pour continuer à entretenir la zone herbacée, qui sans intervention reviendra vite à l'état arbustif : voilà une action qui s'inscrit dans la continuité et dans le temps !
                       
                      

2018

mai/juin 2018 1er bilan botanique
                            
                                                                                                                              par Roland Trousseau

Suite au défrichage à Septeuil, du coteau de la Flexanville, nous avons fait deux visites ce printemps pour herboriser sur les différentes zones du site, afin d'observer l'évolution de la végétation.
Le programme était ambitieux car plusieurs espaces devaient être contrôlés, à savoir les 2 carrés étrépés, la zone débroussaillée dégagée des buissons, la zone en herbe encore en buissonnante. Sans compter avec les perturbations climatiques de ce printemps...
                       
Les sorties ont eu lieu le 12 mai et le 9 juin 2018
                       
Carré étrépé n°1
                 
               

Sur un mètre carré pris au centre, on trouve 5 Brachypodes pennés, 1 Trèfle, 1 Paturin, 2 Renoncules, 3 Violettes, plus une Poacée inconnue et 1 Aigremoine, 4 Chardons sp, 10 Violettes et 2 Laiterons des maraichers.

En élargissant à 4 puis 16 mètres carrés, on trouve de la Linaire, Orchis pourpre, Sauge, Panicaut, Prunelier et Aubépine, Trèfle, Laiteron âpre et Genêt des teinturiers, Avoine élevée, Origan et Gaillet jaune, Potentille, Séneçon jacobée, Mouron rouge et Lotier corniculé.
Carré étrépé n°2
                 
             
Sur un mètre carré au centre, on trouve 1 Prunelier, 2 Aubépines, 15 Brachypodes, 3 Violettes, 2 Renoncules, 1 Brassicacée inconnue, 20 Plantules d'une espèce à déterminer.

En élargissant, on trouve une Renoncule, Erable champêtre, petit, Ononis spinosa, Scabieuse, Chêne rouvre, Panicaut, Prunelier et Aubépine, Poacée inconnue, Aigremoine, Chardon, Violette et Trèfle, Genêt des teinturiers, Laiteron des maraîchers, Avoine élevée, Origan et Séneçon jacobée, Mouron bleu, Prunier, Potentille et Eglantier, 40 plantules à déterminer.
                
Zone en herbe encore buissonnante
                 
               
On trouve Origan, Fétuque, Sauge et serpolet, Vesce cultivée, Potentille, Hippocrépis à toupet et son Orobanche grêle, Aubépine, Prunelier, Viorne lantane, Primevère, Réséda jaune, Fétuque, puis son lot d'orchidées, Ophrys bourdon et Ophrys abeille, Platanthère verdâtre, trouvées souvent en limite de buissons, sans doute parce que les poacées y sont moins développées et les buissons pas encore de trop. Cela illustre bien l'intérêt des effets de bordure.
Ce recensement est sans doute non exhaustif du fait de la végétation couvrante du Brachypode.
Zone défrichée , triangle du milieu
                 
         
Dans cette zone, nous avons réalisé deux transects sur 20 points espacés de 50 cm, et on note à chaque point la ou les espèces présentes.
Ce qui fait pour le premier transect : 75% de Brachypode, 40% de Prunelier, 15 % d'Aubépine, 5% de Genêt, 5% de Trèfle, 5% d'Aigremoine, 5% de Cornouiller sanguin. On note ici un recouvrement entre espèces.
Nous avons vu quelques espèces alentour : Primevère, Mercuriale, Lotier, Origan, Sauge, Ophrys bourdon, Ophrys abeille, Hippocrépis, Viorne lantane, Panicaut, Potentille.
Pour le deuxième transect, on trouve 60% de Prunelier, 10% de Troène, 5% de Viorne lantane, 5% de Chèvrefeuille, 45% de Cornouiller sanguin, 20% de Brachypode.
Nous avons vu autour : Chêne rouvre, Charme, Aubépine, Viorne lantane, Genêt des teinturiers, Violette, Pommier, Panicaut, Lupuline.
On remarque une zone de transect très fournie en arbustes, et une
autre plus riche en herbacée. Cette dernière était sans doute moins
colonisée par les arbustes avant le défrichage.
           
En conclusion, les zones étrépées sont à suivre pour y repérer les espèces nouvelles par rapport à la zone en herbe. Elles seront à retravailler ponctuellement pour enlever les repousses d'arbustes et de Brachypode.
Il est à noter dans la bibliographie que la diminution de la dominance du brachypode et le retour d'une plus grande biodiversité s'obtient par une fauche à mi-été pendant 3 à 5 ans.
C'est-à-dire plutôt début aout, ce qui n'est pas évident à mettre en œuvre, mais peut être un complément à l'étrépage sur les zones en herbe.
         
           
Un broyage sera indispensable sur les zones défrichées pour éviter une recolonisation par les buissons.

Merci à tous les membres de la commission botanique
et aux participants volontaires.

2ème chantier novembre 2018

                       
               
Les dents du coteau

                            par Roland Trousseau                                                  Photos : J. Liben, D. Robert, J.-L. Vandevelde


Suite aux relevés botaniques du printemps/été 2018 (voir Gazette n°52, page 20), nous avons pu constater que la nature n'allait pas nous laisser faire sans réagir, nos petites manigances de transformation du milieu et de restauration d'une certaine biodiversité.
En effet, la loi du plus adapté est de mise dans le milieu naturel, et en l'état, les espèces les mieux adaptées et les plus dynamiques, étaient déjà celles qui avaient largement colonisé l'espace, à savoir le Brachypode penné et le prunellier.
Ainsi, dans les carrés étrépés, on peut noter en juin la présence résiduelle de 5 à 15 brachypodes au mètre carré ayant largement prospérés au cours de l'été, montrant que l'ouverture de l'espace leur convient tout à fait, et qu'il faudra plus d'une intervention pour les réduire significativement et laisser le temps à d'autres espèces de se réimplanter. Rappelons-nous que la stratégie recommandée pour réduire la présence du brachypode, à des proportions compatibles avec la présence d'autres espèces et une plus grande biodiversité, est de réaliser une fauche à mi-été, c'est-à-dire début août, pendant 3 à 5 ans.


C'est en pleine trêve estivale, que le brachypode a lancé ses tiges et racines à la reconquête du milieu dont on l'avait extirpé, et obtenu en la matière des résultats mitigés :

Sur le carré 1, une réimplantation assez dense et régulière, de l'ordre de 50 à 100 tiges au mètre carré.

Sur le carré 2, peu de progrès, une vingtaine de tiges au mètre carré. En revanche, ce carré montre sur sa partie basse, proche d'une zone de buissons, de nombreuses repousses d'arbustes, au premier rang  desquels on trouve le prunellier.


En ce qui concerne les zones en triangle dégagées des arbustes, on avait déjà noté en juin un bon niveau de repousses du prunellier, entre 40 et 60% de présence au sol, mais en septembre, c'est un couvert dense et épineux approchant la hauteur d'un mètre qui nous attendait, confirmant bien nos craintes de recolonisation immédiate et notre intention de poursuivre l'entretien de l'espace.
Il est certain qu'il faudra couper ces arbustes au ras du sol pendant plusieurs années pour les affaiblir de façon suffisante.
    

Une nouvelle opération est donc programmée avec le CHEP, lycée horticole du Tremblay-surMauldre, afin de poursuivre le défrichage et la restauration d'une plus grande biodiversité.
L'intervention s'est déroulée de la même façon :
  • une demi-journée de visite du site avec les lycéens, pour présenter les objectifs du travail à réaliser sur le coteau, en présence du propriétaire.
  • deux journées dans la même semaine d'intervention des élèves avec les membres d'ATENA 78 disponibles.
  • une 3ème journée le samedi, journée associative pour terminer le travail et vérifier le bon état du chantier.

Premier axe : Les dents.

En 2017, nous avions défriché 2 dents (approximativement en triangle de 40 m de base et 20 m de hauteur) et commencé une troisième.
L'objectif était donc de finir cette troisième dent, puis une quatrième plus au sud a été balisée dans la continuité pour être débarrassée de ses arbustes. Les élèves du CHEP ont mené ces deux actions de façon remarquable.

Deuxième axe : les placettes.



Sur la placette 1, particulièrement recolonisée par le brachypode, il a été décidé de refaire un étrépage sur la moitié la plus envahie, pour comparer cette double intervention avec l'autre moitié. Le carré a été coupé en 2 dans la diagonale et le chantier associatif du samedi a permis de mener à bien ce
travail.
Des herborisations comparatives en perspective…



Sur la placette 2, « simple » intervention pour l'arrachage des repousses d'arbustes et quelques touffes de brachypode. De belles racines traçantes de prunellier ont été collectées par l'équipe d'ATENA 78 !



La placette 3 demandait le maximum d'effort, car l'étrépage s'est fait plus en profondeur que l'année dernière : 15 à 20 cm de couche retirée, pour réduire la repousse de brachypodes et d'arbustes.
Le chantier ATENA 78 a permis de terminer ce carré (il restait une bande de 1 m x 10 m à finir après le travail des élèves), bonne occasion pour l'équipe présente de s'activer à la bêche et la pioche !



Bien sûr, il a été nécessaire d'évacuer les produits de tous ces travaux.
Les mottes de terre issues de l'étrépage de la parcelle 3 ont été accumulées dans la pointe de végétation, entre les dents 2 et 3, constituant ainsi une sorte de talus, autre forme de bordure et de discontinuité, abri potentiel pour la faune, source à son tour de biodiversité.
Quelques débris végétaux ont été emportés vers la première haie sèche, au nord du terrain. La majeure partie, accumulée par les élèves en bas des triangles dégagés, a été évacuée pour constituer une deuxième haie sèche, au sud du chantier.



Voilà, nous aurons fait le maximum pour enrichir ce milieu d'une faune et d'une flore variées !
Mais notre travail de suivi va continuer :
· Les sorties botaniques, pour observer l'évolution potentielle de la flore en ces différents milieux, avec des distinctions entre zones plus nombreuses ?
· Les observations ornithologiques, pour déceler si l'attractivité de l'espace est meilleure ?
· Le suivi herpétologique, pour confirmer et affiner la présence des diverses espèces déjà rencontrées, et
pourquoi pas, en observer de nouvelles ? (Orvet : 7 individus différents dénombrés sous les plaques refuges, et toujours la Coronelle lisse régulièrement présente sous la même plaque et un individu très jeune sous une autre).
Quant à l'évolution des insectes et autres arthropodes, tout porte à croire que les modifications réalisées auront des conséquences bénéfiques, du fait des différents milieux créés, mais en la matière, nous manquons de compétences.
Avis aux amateurs, voilà un thème qui reste à…défricher !

                                                   
                     
2019 2ème bilan botanique

                      
                                                                                              par Roland Trousseau
 
A l'automne 2018, la 2ème intervention sur le coteau calcaire a permis l'entretien des dents 1 et 2 « creusées » dans les buissons en 2017, et la réalisation de 2 nouvelles dents 3 et 4 dans la continuité, grâce au travail combiné des élèves du lycée horticole, le CHEP, et des adhérents d'ATENA 78.
L'espace des dents 1 et 2, a alors été broyé, entretien nécessaire pour maintenir la végétation à un niveau bas, et espérer affaiblir, et à terme épuiser, le système racinaire des arbustes.
Un travail de longue haleine…
Les dents 3 et 4 ont été à leur tour conquises sur le massif des buissons, quelques arbres étant conservés, et des troncs d'environ 10 cm de diamètre écorcés à la base ont été conservés à 1 m-1.5 m de hauteur pour favoriser la biodiversité (rôle de perchoir, de nourriture pour insectes et champignons).
Nous voici donc désormais avec une belle alternance de milieux,
et un linéaire d'effet de bordure sensiblement augmenté.



Intervention également concernant les carrés (ou placettes) avec étrépage, pour mémoire opération consistant à enlever la couche supérieure du sol composée des racines accumulées de la végétation de surface mêlées à la terre, ici essentiellement les racines de Brachypode penné, poacée dominante.

Le carré 1, a été rafraichi, nouveau désherbage sur une moitié en diagonale.

Le carré 2, n'a pas subi d'intervention.

Un nouveau carré 3 a été fortement étrépé, à une profondeur de 10-15 cm, toutes les racines ont été extirpées et accumulées en un imposant tas de mottes au milieu des buissons, formant ainsi un  nouveau biotope qui trouvera des habitants pour s'y réfugier et le coloniser, n'en doutons pas.

Cet étrépage soigné aura, nous l'espérons, un impact notable sur la végétation à venir, le but étant, je le rappelle, de favoriser le retour d'espèces dont les graines, présentes dans le sol, sont ainsi mises à jour, ou bien de favoriser par des apports de graines extérieures l'implantation de nouveaux végétaux sur le sol mis à nu.

Que dire maintenant sur nos observations botaniques de l'année ?

Nous y avons au cours de diverses sorties en début avril, fin mai et début juillet réalisé de nombreuses et argumentées identifications, et quelques comptages de fréquence des espèces, un en avril, un en octobre pour clore la saison, sur les carrés étrépés et sur la dent 2.

En résumé, le brachypode penné se maintient dans les carrés, mais laisse de la place pour d'autres espèces qui s'installent.

Les buissons tendent à redémarrer partout, et seul un fauchage, broyage ou masticage régulier permettra d'éviter leur retour.

Des espèces ponctuellement présentes initialement comme l'origan, le genêt des teinturiers, l'aigremoine, la violette …se retrouvent dans les carrés, sans doute issues de racines encore présentes, ou de graines. La réduction du brachypode et des buissons peut toutefois leur permettre de prendre de l'ampleur.

                    
Dans le carré 1,
on voit se maintenir une forte présence de Brachypode penné, de 56% en moyenne, avec une tendance à l'augmentation au cours de l'année.
Cependant, sa présence étant de 100% dans la zone en herbe non étrépée, c'est tout de même une diminution pour l'instant.

On note aussi des espaces vides, non couverts de plantes, directement issus de l'étrépage, à hauteur d'environ 20%, qui tendent logiquement à baisser au cours de l'année, du fait du développement de la végétation.

Le désherbage complémentaire effectué à l'automne 2018 sur une moitié du carré semble avoir un petit effet significatif par rapport au nombre de brachypodes plus faible et au nombre d'espaces vides plus élevé sur la zone retravaillée, surtout en avril.

Les adhérents d'ATENA 78 qui y ont travaillé d'arrache-pied ne se sont donc pas éreintés pour rien…


On remarque l'apparition de plantes peu présentes initialement, comme les chardons ou le boucage saxifrage. Les chardons sont favorisés par la terre nue, soit par redémarrage de graines présentes enfouies, dont le couvert de brachypode avait bloqué la germination, soit par apport de graines extérieures, celles de chardon étant très facilement dispersées par le vent.
Le chardon est d'un abord plutôt rugueux pour les botanistes, mais en revanche très attractif pour de nombreux butineurs, sa présence est donc fort intéressante du point de vue de la biodiversité.
Le boucage est caractéristique des zones transformées par l'activité humaine, et outre l'étrépage, le passé prairial du terrain peut être à l'origine de sa présence.
Laiterons, potentille, orchidées, et le lin purgatif, dont l'identification a été un long travail, sont pré-
sents entre autres sur ce carré 1.
Le carré 2

Se caractérise par sa forte recolonisation par la végétation, les espaces vides à moins de 20% en avril se réduisent à néant en octobre : Toute la  place est occupée. Toute ? Toute !

Et on doit cette belle couverture du sol au brachypode, qui passe de moins de 50% au printemps à 70% à l'automne, et à la Germandrée petit-chêne, qui dans le même temps passe de 10 à plus de 30% de fréquence.
La Germandrée petit-chêne est caractéristique de sol secs, calcaires ou sablonneux, et trouve donc pleinement sa place sur le coteau calcaire, surtout avec les étés secs récents.
Le chardon, la fétuque des prés, la violette et l'origan viennent entre autres compléter le tableau.
On peut remarquer l'aubépine et surtout le prunellier qui en fin de saison se retrouvent à eux deux à une fréquence de 25%. Il s'agit là de rejets dans une zone colonisée partiellement par les buissons avant étrépage, ces rejets seront à éliminer avant le printemps prochain.
Plus dispersés dans le carré, l'aigremoine, le réséda jaune, l'hippocrépis, le pissenlit, le lotier… Viorne lantane, églantier et poirier sauvage seront aussi des arbustes à surveiller pour ne pas les laisser prendre de l'ampleur.

Et le carré 3 ?

On n'a pas été déçu : 80% de vide en avril, avec un brachypode très penné de n'être qu'à 12% de présence, le travail d'extirpation des racines par les élèves du CHEP, complété par les adhérents d'Atena 78 a vraiment été efficace.
La reconquête végétale est cependant à l'œuvre : Il ne reste plus qu'un tiers d'espace vide en octobre, le brachypode et le boucage saxifrage qui atteignent chacun les 20%, l'aubépine en bordure, qui devra être coupée, bien sûr, la violette et les chardons reprennent un peu de place, mais on est encore loin d'une couverture végétale développée comme on la trouve sur les autres carrés.
Pimprenelle, bryone, euphorbe, bugrane, quelques espèces originales présentes ici, on en espère d'autres pour l'année prochaine
On n'oublie pas les dents, dans les comptages,
un emplacement à la base de la dent 2 fait apparaitre dans la défriche de buissons une forte proportion de repousses d'arbustes, de 65 à 95% selon les zones, on peut dire que ces buissons ne sont pas encore très affaiblis :

Près de 70% de prunellier, très efficace en terme de repousse grâce à ses racines traçantes, environ 20% de cornouiller sanguin, une bonne aptitude à la repousse également ; la viorne lantane et l'aubépine sont moins présentes.

Quelques herbacées présentes, la primevère, la violette, la mercuriale vivace et le brachypode sylvaticum, dans la zone de buissons la plus dense, le brachypode penné, la luzerne lupuline et l'hippocrépis dans les bordures.

Il va être nécessaire de continuer à les couper cet hiver. Une évaluation de la hauteur de végétation sera à effectuer avant la coupe, ce peut être un indicateur de la tendance à l'épuisement des réserves des racines, ce sera à comparer avec la hauteur de pousse de l'année prochaine, tout portant à croire que la densité de repousse sera similaire, voire supé- rieure avec la multiplication des bourgeons axillaires, c'est donc un mauvais indicateur de l'évolution pour cette zone.


Pour ce qui est de la gestion, une coupe minimale devra être assurée cet hiver, surtout pour les
repousses d'arbustes.
Les lycéens du CHEP sont engagés toujours avec Atena78 dans le même objectif d'ouverture du milieu sur un autre site dont nous vous parlerons prochainement, ils ne seront donc pas impliqués cette année dans l'entretien du coteau de Septeuil.
Avis aux amateurs… pour une activité d'entretien hivernal à prévoir !

Projet pour l'année prochaine ? Continuer le suivi, les transects et les herborisations !
Une herborisation de contrôle, avec dénombrement par transect, sera réalisée sur la zone en herbe de référence, pour quantifier la présence de végétaux, en-dehors du probable 100% de brachypode penné, et pouvoir comparer avec l'évolution des carrés.
Rendez-vous en avril prochain pour le démarrage de la nouvelle saison d'herborisation, sur ce
coteau, et sur le nouveau site fraichement débroussaillé.
                     
3ème chantier, janvier 2020

                  
                                 
Résumé des épisodes précédents :

Suite à une mise en relation avec le propriétaire d'un terrain en friche, sur un coteau de la vallée de la Flexanville à Septeuil, ATENA 78 obtient l'autorisation de procéder à des débroussaillages sur ce terrain, l'objectif étant de stopper la fermeture du milieu par les arbres et arbustes.
Le terrain situé sur sol calcaire, de faible profondeur et peu fertile, est propice au maintien d'un milieu ouvert à végétation herbacée, support de pelouses calcicoles… sauf si l'installation de ligneux lui apporte progressivement cette fertilité qui lui manque à l'origine.
Ce terrain fût antérieurement viticole, au 19ème siècle, donc maintenu peu fertile; puis devint pâturage à moutons, donc un peu enrichi, mais conservant une végétation rase; puis abandonné, retournant peu à peu à la friche, colonisé par les arbustes et la forêt qui le borde dans sa partie supérieure.
Et c'est là qu'intervient ATENA 78, qui depuis 2017 organise des chantiers de débroussaillage, avec la participation des élèves du lycée horticole du CHEP du Tremblay-sur-Mauldre, pour maintenir et augmenter l'espace herbacé sur ce terrain.

Conserver les milieux calcicoles ouverts


La fermeture d'un milieu consiste en une occupation progressive de l'espace par les arbustes, puis les arbres, qui transforment peu à peu les milieux ouverts à végétation herbacée (prairies ou pelouses naturelles) en milieux fermés par des ligneux, les landes, les zones de buissons ou les forêts.
Ces derniers milieux, par ailleurs tout à fait intéressants et porteurs d'une biodiversité qui leur est propre, sont déjà largement présents en Ile-deFrance, alors que les milieux à végétation rase sur sols pauvres sont devenus rares dans notre région, méritant un intérêt particulier pour la flore particulière qu'ils abritent et la petite faune qui leur est associée.
Et même dans les espaces en herbe encore présents, il est apparu qu'une poacée dominait le milieu et étouffait les autres végétaux, le Brachypode penné, au point qu'on a pu constater que des orchidées, Ophrys abeille et Ophrys bourdon, sont venues s'implanter en limite des arbustes, là où le Brachypode est moins dense, gêné par l'ombre de ces derniers.

Pour répondre à cet objectif d'améliorer la diversité du milieu, deux axes se sont dégagés :
 
  • enlever une partie des arbustes, ce qui a été fait en créant le long de la bordure forestière des zones triangulaires en dent de scie, d'une profondeur d'environ 20 m, afin d'augmenter les effets de bordure et d'avoir diverses expositions au soleil avec ces lignes brisées. 
  • réaliser un étrépage dans 3 carrés de 10 m sur 10 m, consistant à enlever la partie supérieure du sol, et en particulier les racines de Brachypode, afin de favoriser l'émergence d'autres plantes, en particulier venant de graines enfouies dans le sol et ainsi remises au jour.

C'est donc dans la continuité de ce travail commencé en 2017, que le 6 janvier 2020 les élèves du CHEP se sont attelés à maitriser la repousse des ligneux dans les zones déjà débroussaillées.
Car on s'en doute, ces ligneux n'ont qu'une idée : repousser de plus belle d'une année sur l'autre… et ils repoussent !
Dans les carrés, il a été procédé à un arrachage des repousses d'arbustes, mais pas d'étrépage supplémentaire l 'idée étant de laisser le milieu évoluer désormais sans intervenir autremen que par un fauchage pour éliminer les ligneux.

Evacuation des rémanents…
Tous ces débris végétaux ont été soigneusement enlevés pour ne pas enrichir le milieu et laisser leur chance aux végétaux peu exigeants en éléments nutritifs.
… et recharge des haies sèches.
Ils ont été rajoutés aux haies sèches déjà en place.
Ces haies créent un milieu original, un entrelacement de branches plus ou moins épineuses, un vrai bonheur pour
la petite faune, un royaume pour le Troglodyte mignon !


On peut noter que des arbustes commencent à traverser l'épaisseur de la première haie sèche de novembre
2017.


En ce qui concerne l'omniprésent Brachypode, il a été rappelé aux lycéens que le meilleur moment de fauchage pour l'épuiser et l'éliminer à terme se situerait à la mi-été, en juillet. Mais la période est bien trop sensible pour la petite faune présente sur le coteau, insectes, reptiles, oiseaux...
L'évocation de cette date n'a d'ailleurs suscité aucune proposition enthousiaste d'intervention estivale de la part des lycéens !
Pas non plus chez les adhérents d'ATENA 78…
Si des herbivores lisent cet article, qu'ils sachent que leur contribution à l'amélioration de la biodiversité dans la parcelle serait la bienvenue.

Pour ce qui nous concerne, la reprise des herborisations se fera en avril-mai, elles seront étalées jusque début juillet, avec un dernier bilan en septembre-octobre.

Nous vous y retrouverons avec plaisir !
                     
4ème chantier, novembre 2020

                  
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RAPPEL DU CONTEXTE ET DES ENJEUX.

Les « pelouses calcicoles » sont rares en Ile-de-France. Elles abritent une flore et une faune  particulières, dont la conservation est un enjeu patrimonial.
Le substrat géologique est la première composante, le calcaire  affleure  sur des espaces qui  par leur situation topographique ont échappé à l'agriculture, donc situés  le plus souvent sur des  escarpements ou des coteaux les rendant difficiles à exploiter. Les sols sont pauvres, la couche  d'humus originelle peu épaisse, l'érosion  éolienne et le  ruissellement importants… agissant de façon sélective sur la colonisation végétale. Ce sont donc des milieux ouverts, à végétation herbacée rase, sur des pentes orientées parfois au sud qui accentuent  les préférences thermophiles.
Les milieux ouverts cependant ne le restent pas éternellement,  sous notre climat océanique tempéré. Avec le  temps et l'évolution naturelle, la broussaille, les arbustes, puis les arbres occupent progressivement l'espace, les milieux se ferment et la forêt à terme s'installe.
La tendance naturelle est donc à la diminution/dispartion des milieux ouverts à végétation rase.
Jadis, ils ont pu faire l'objet d'un pâturage extensif généralement par les ovins ou les caprins, mais l'abandon de cette forme « d'entretien » amène à la recolonisation par les ligneux.
On retrouve en Ile-de-France ces pelouses calcicoles dans les vallées des grands cours d'eau.
A  l'ouest des Yvelines, dans notre secteur d'activité, c'est le cas avec la Mauldre et la Vaucouleurs (tous deux affluents de la Seine), dont les vallées ont entaillé le plateau.
ATENA 78 a engagé avec l'aide précieuse des lycéens du CHEP, un travail de restauration des
pelouses calcicoles dans le bassin versant de la Vaucouleurs, sur deux de ses affluents : la Flexanville (commune de Septeuil), et le Ru d'Ouville (commune de Dammartin en Serve).

Le chantier-nature du 20 novembre 2020 est le ,4ème du genre sur la Flexanville, consacré cette fois principalement à l'entretien de zones débroussaillées antérieurement.

   
                
Les lycéens du CHEP, participant à ce chantier de génie écologique, seront en effet notés par leur enseignante, Mme Carfantan,
Enseignante en Sciences et Technique de l'Aménagement et de l'Environnement, à la fois sur leur prestation sur le terrain et sur le compte-rendu qu'ils devront ensuite en faire.
Les enjeux de leur travail leur sont donc à nouveau expliqués le jour J : Jacques Liben, membre de la commission botanique d'ATENA 78 indique l'évolution du milieu depuis le    premier chantier de débroussaillage ; Stéphane Vallet, adhérent de l'association, détenteur d'un BTS en gestion des milieux naturels, un peu comme leur aîné ayant déjà acquis la formation, leur présente les principaux arbustes composant la végétation ligneuse du coteau.


Dans le cadre du temps imparti (une 1/2 journée), l'objectif prioritaire de ce 4ème chantier de génie écologique a été orienté vers l'entretien des « dents » débroussaillées en 2017 et 2018. Voir le plan en ANNEXE.
Elles avaient alors été conquises sur les ligneux, épine noire principalement, qui colonisent le coteau, avec comme effet d'ouvrir le milieu en lisière du bois, et de créer le maximum d'effets de bordure, avec une diversité de situations ombragées ou ensoleillées.
Mais ces nouvelles zones herbacées sont chaque année à reconquérir, pour contenir la repousse vigoureuse des prunelliers, qui partout rejettent et envahissent à nouveau le coteau.

Les adhérents ATENA 78 avaient préalablement balisé les 4 « dents » avec de la rubalise et 4 équipes autonomes de lycéens, dotées chacune d'une débroussailleuse thermique, se sont réparties pour attaquer simultanément l'ensemble des grands triangles isocèles de 20m de côté.
Le cornouiller sanguin rejette également vigoureusement sur cette parcelle.


Le but est clairement d'arriver à épuiser les rejets, à force de tailles et d'arasements successifs.
Au fil des année le résultat commence d'ailleurs à se faire sentir : nous notions en année X+1 des rejets dépassant 60cm et pouvant atteindre 90cm, alors que dans les mêmes secteurs ils ont été mesurés entre 30 et 50cm en année x+3.
Nous avions conservé en 2017 quelques troncs coupés à mi-hauteur et écorcés à la base, des « chandelles » pour en faire des perchoirs, mais aussi des garde-manger ou des abris pour des insectes… de nombreuses Coccinelles à 7 points semblaient les apprécier en novembre 2020


Tous les produits de la coupe ont été soigneusement ratissés puis enlevés, pour ne pas enrichir le milieu : ne pas apporter d'éléments nutritifs qui profiteraient aux végétaux les plus dynamiques.

Ce serait le cas pour le Brachy- pode penné, cette graminée sociale (poacée dans la nouvelle terminologie) qui a déjà largement colonisé le coteau aux dépens d'une flore plus diversifiée.
Evacuation sur bâche des rémanents et mise en haie sèche
... VERS LES HAIES SECHES !


Ces haies crées en 2017 puis en 2018, à partir des branches coupées, forment un milieu original, pour l'accueil de toute une petite faune, qui va du Hérisson à la Couleuvre à collier en passant par le Troglodyte mignon.

Dernière mise à jour : lundi 7 juin 2021
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